Depuis que j'ai croisé
Ces grandes billes brunes
Où se sont déposés
Deux papillons dorés.
Je ne sais plus compter.
Je tombe dans la lune.
Ô grandes billes brunes.
Si j'étais moins quétaine
J’te dirais pas "Je t'aime".
Je ferais ma rengaine,
Les fleurs et les poèmes.
Mais comme j'suis orgueilleux,
Je rêverai pour deux.
Ô grandes billes brunes.
Tu m'as présenté à l'été,
Moi qui le croyais condamné.
Tu m'as lu, tu m'as deviné,
Moi qui croyais mon coeur blindé.
Mais...
Depuis que m'ont touchées
Ces grandes billes brunes,
Que se sont envolés
Papillons effrayés.
J'en oublie de manger.
Je dors comme une enclume.
Ô grandes billes brunes.
Si j'étais plus sérieux
J'te dirais pas "Adieu".
Je ferais un abri.
Je serais ton ami.
Mais comme j'suis amoureux,
Je fermerai les yeux.
Ô grandes billes brunes.
Tu as fleuri juste avant l'hiver,
Moi qui le connaissais si fier.
Tu m'as plu, tu m'as courtisé,
Moi qui croyais mon coeur fané.
Tu m'as présenté à l'été,
Moi qui le croyais condamné.
Tu m'as lu, tu m'as deviné,
Moi qui croyais mon coeur blindé.