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Carnet du 03/12/07
La justice
La justice dans sa blanche robe
Observe les gens qui dérobent
Un peu d’or ou un peu de pain
Selon l’ambition ou la faim
La justice se tient debout
Pour mieux remarquer les filous
Qui tentent de la contourner
Par des chemins improvisés
La justice se veut vertu
Elle se montre toute nue
Exigeant que le peuple aussi
Exhibe chacun de ses plis
La justice fièrement tranche
Avec sa parfaite balance
Elle récompense ou punit
Les sujets qu’on lui a soumis
La justice à travers les âges
Épuise peu à peu son courage
Elle se construit un palais
Pour s’y réfugier en paix
Ainsi elle peut enfin s’asseoir
Sur son confortable pouvoir
Et se mettre à fermer les yeux
Devant l'ignoble et l'odieux
Elle gagne beaucoup de poids
Depuis qu’elle ne bouge pas
Elle se fait bien trop nourrir
Maintenant qu’elle est un empire
Personne ne lui fait confiance
Dans cette époque de méfiance
On la garde comme accessoire
Et on la gave de pourboires
Un jour ou l'autre elle mourra
Et ça ne paraîtra même pas
On sera bien débarrassé
De sa morale démodée
Elle sera vite enterrée
Dans sa robe effilochée
Car dans ce siècle d’anathèmes
On se fait justice soi-même
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