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Carnet du 03/05/08
Réponse aux survivalistes 
  

Les adeptes du survivalisme sont des gens qui de façon indépendante ou à différents degrés d’organisation tentent d’accumuler, eau, nourriture, médicaments et énergie dans le but de survivre à une crise économique, une famine ou une épidémie majeure.  Par toutes sortes d’astuces, les survivalistes visent également l’autosuffisance alimentaire et  la production autonome de textiles, matériaux de construction et tout autre besoin de base dans l’éventualité où ils seraient coupés du reste du monde.

Il n’y a de limites que l’imagination, l’argent et la folie.

Après avoir fait pousser ses patates marines dans le troisième sous-sol de son éolienne, filtré son urine pour arroser ses plantes médicinales et inventé des recettes avec ses rognures d’ongles, que fera le survivaliste pour passer le temps?

Est-ce qu’il commencera enfin à aimer son prochain?  Est-ce qu’il pensera aux pauvres familles qui n’ont pas les moyens de s’acheter un abri antinucléaire pas plus qu’une salade biologique? Est-ce qu’il se souciera des femmes et des enfants esclaves des sociétés machistes.  Est-ce qu’il versera une larme en pensant aux oiseaux englués de pétrole et aux poissons asexués par les déversements d’hormones dans l’écosystème?   Nous connaissons la réponse.

Les bourgeois néo-gauchistes convertis qui troquent leurs Hummer pour un composteur à luzerne et une machine à tisser les poils de pubis le font pour une seule et même raison : l’égoïsme!  C’est d’ailleurs l’égoïsme des riches qui est responsable de la proche fin de l’humanité sur la terre. (Ceux qui ne sont pas d’accord avec la dernière phrase peuvent retourner devant l’émission « drôle de vidéos » ou aller faire quelques heures de moto marine pour se distraire un peu)  

Ils ont peur de crever : pas l’humanité, eux-mêmes, leurs  propres nombrils, leurs petits et sombres égos, leurs « je-me-moi » franchement, ils me donnent le goût de vomir.

Quoi faire alors?

C’est simple, il faut vivre!  Il faut passer ses moments le plus heureux possible et essayer de rendre les autres heureux.  Aimer, partager: est-ce que c'est si compliqué?

Le clochard qui vous demande de l’argent : donnez-lui de l’argent!

Le bizarroïde qui n’a pas d’amis et qui vous adresse la parole sur la rue ou dans le métro : parlez-lui!

La petite étudiante qui timidement tente de vous vendre une barre de chocolat pour financer un voyage : achetez là! (Pas l’étudiante, la barre de chocolat évidemment)

Abonnez-vous aux campagnes de Greenpeace, Oxfam, Unicef, Amnistie Internationale.  Qu’est-ce que vous attendez? Vous amassez de l’argent pour le prochain super téléphone qui fait la vaisselle, nourrit votre chien et rédige votre rapport d’impôts ?

Votre vieil ami que vous n’avez jamais le temps d’appeler : appelez-le!

Ceux que vous aimez : Dites-leur, bordel!

Garochez votre argent par les fenêtres : il  trouvera certainement preneur. Nous sommes des riches dans un pays riche, ne l’oublions pas.

Jouez avec vos enfants, voyagez, videz votre cave à vins, faites l’amour, regardez le soleil se coucher, parlez aux animaux, souriez aux étrangers, respirez une fleur, écrivez un poème, aimez la pluie, chantez,  flânez, soyez ouverts.  Ne survivez pas : vivez!

Et si vous rencontrez un survivaliste : Donnez-lui un bon coup de pied au cul.

Parions que les survivalistes ne mourront pas très longtemps après nous, mais certainement moins heureux.
 
 
 
 
 
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